Pour l'amour de la couleur et du mouvement.

Jacqueline Hubert aime tantôt peindre des natures mortes tranquilles ou des personnages dont le regard s'évade et n'ose jamais fixer l'artiste. Pour eux, le temps s'est arrêté. Ils sont là, simplement pensifs, sans mélancolie dans cette longue attente qui précède le changement. Autochtones de Madagascar ou modèles caennais, ils ont en commun cette vérité des gens simples et authentiques.

Un jour, le mouvement est venu enrichir cette apparence d'éternité. Brusquement, sans transition, ces personnages se sont mis à danser, tournoyer, virevolter au son d'une musique entêtante et lointaine, chargée d'émotion. Voilà nos propres souvenirs d'animations populaires, de flonflons des bals, des 14 juillet, de chaudes soirées d'été aux parfums épicés des filles, des sens en éveils et de cette insouciance de la fête qui refont surface. Nostalgie, nostalgie, quand tu nous tiens.
Pour traduire les mouvements endiablés des jambes de ses danseurs, Jacqueline Hubert n'hésite pas à allonger celles-ci jusqu'à la démesure. Danse, sensualité, amour, attirance, tout cela se ressent dans ce mouvement d'une jambe qui s'étire pour mieux coller à celle de son partenaire.

Jacqueline Hubert aime les couleurs vives, franches, souvent complémentaires. L'orange côtoie le violet sans transition, le rouge ou le jaune flirtent avec le vert ou le bleu. Ces contrastes forts sont sa marque. Elle rudoie sa palette sans ménagement. Ici, peu de noirs ou de blancs, peu de teintes lavées, ternes, grises, pâles. Nous sommes dans l'ivresse de cette multitude colorée et tranchée évoquant mirlitons et confettis.

Châ Haziza



Comme nombre de personnes que les prémices de la retraite mènent à tâter de la peinture avec plus ou moins de bonheur, Jacqueline HUBERT s'est laissée séduire par cet art.

Mais, avec une différence essentielle : elle n'est pas partie bille en tête sur la toile, et s'est astreinte avec intelligence à la découverte d'un figuratif qui lui convenait, en travaillant d'abord le dessin sous forme de croquis et d'études qui ont fait naître son talent inné, en la menant peu à peu, mais avec d'autant plus d'assurance, à maîtriser le pastel et enfin l'huile et l'acrylique qu'elle transforme en oeuvres très personnelles et bien abouties.

En effet, qu'elle crée par la peinture ou le pastel, Jacqueline HUBERT conserve la même vivacité du dessin de base et l'anime mieux encore des couleurs d'une palette active, pleine de lumière et de sensualité, pour le plus grand bonheur de ses jolies Vénus callypiges et de nombreux personnages qui, seuls ou groupés, exaltent une humanité vivace et élégante, capturée par l'aisance de solides croquis.

Le bestiaire qu'elle peint ou pastellise, Jacqueline HUBERT y met un appréciable pittoresque, comme elle le fait avec un sens plus traditionnel, des natures-mortes confortablement composées reflètent également avec bonne humeur toute la passion qu'émet cette artiste sincère et opiniâtre.

André Ruellan, critique d'art

english version
Like many people who, at the beginning of their retirement, try their hand at painting with varying degrees of enjoyment, Jacqueline HUBERT let herself be won over by this art form.

But, with a key difference: she did not rush headlong into it, and intelligently limited herself to discovering a figurative style that suited her by first working on drawn sketches and studies which revealed her innate talent. She learnt, little by little, but with ever-increasing confidence, to master pastels and finally oils and acrylics that she transformed into very personal and well-finished works.

Indeed, whether creating with paint or pastel, Jacqueline HUBERT retains the same liveliness in the basic design and, better still, brings to life a dynamic palette of colours that is full of light and sensuality, to the delight of her pretty Venus Kallipygos and many other characters who, alone or in groups, celebrate a lively and elegant humanity, and are captured with ease in solid sketches.

The bestiary, whether depicted in paint or pastel, is significantly picturesque in nature, much like her still-lifes, to which Jacqueline HUBERT confers a more traditional sense. Comfortably composed, they also good-humouredly reflect all the passion that this tenacious and sincere artist expresses.

André Ruellan, Art Critic